On n’est pas que des moules !

Posté par lapecnaude le 1 janvier 2010

A l’origine, personne n’aurait su dire si mon père était ma mère ou si ma mère était mon père parce qu’ils changeaient tout le temps de sexeliege1314a, çà les amusait follement, « Bonjour Madame … Au revoir Monsieur », cela durant un couple d’années. Mais un jour, ils d écidèrent de se fixer un peu (histoire de dire parce qu’ils étaient déjà bien accrochés) et de faire comme tout le monde : fonder une famille.

Mon père est de l’ethnie triploïde et ma mère de l’ethnie diploïde, ils n’habitent pas ensembles, ils sont locataires dans des H.L.M. de l’IFREMER, pas dans des boites à chaussures modèle courant (chambre 10 m2 etc…), non, dans de grands bocaux transparents. C’est presque pareil dans l’idée, parce qu’ils sont des centaines rangés l’un à côté de l’autre sur des tables, avec chacun un seul locataire. Ils ont tout le confort, climatisation, eau courante, livraison de nourriture à domicile, tout moderne quoi.

Papa est de « la haute », il TROIS paires de chromosomes, comme c’est un animal, on ne peut pas dire que c’est un O.G.M., maman est normale, c’est une diploïde modèle courant avec seulement DEUX paires de chromosomes, c’est logique  car c’est une femelle. Ils ont chacun un coeur et du sang, blanc ou incolore.

Leurs propriétaires, ce sont les gens du laboratoire où ils habitent, des ingénieurs spécialistes. Ces gens n’aiment pas maman quand elle a envie de faire des petits, car elle a du lait et elle maigrit, par contre les petits çà les intéresse, alors pour leur en faire faire souvent, en été, ils provoquent à papa et maman des envies de sexe (changement de température, orages simulés). C’est le bon temps pour çà, maman claque des valves, clac, clac, son petit coeur bat à toute vitesse et elle expulse violemment des millions d’ovules dans l’eau de son bocal. Drôle d’accouchement, on dirait qu’il y a de la fumée partout, c’est trouble. Papa, comme s’il entendait le signal, laisse filer ses spermatozoïdes dans l’eau du sien.

Normalement, dans la vraie vie des animaux marins, les ovules et les spermatozoïdes partent chacun de leur côté à la chasse à l’âme soeur, pas besoin de site internet de rencontres, c’est au hasard Madame la Chance, en se prenant une algue dans le pif ou une collision sur la route des courants. Là l’affaire se fait toute seule, pas besoin du Maire ou du Curé ou du Rabbin ou de l’Imam, t’es là, je suis là, on s’accroche, on est compatible, on fusionne et basta.

Là, on est obligé de passer par l’insémination artificielle, aspirer le liquide plein de spermatozoïdes avec une pipette et le mélanger dans le liquide où gémissent les ovules (c’est dur d’attendre). Après çà se fait tout seul, c’est la nature, on se fusionne, on se multiplie et de jour en jour on grandit, on devient un naissain (un peu comme une neursery de foetus).

Mais voilà, on est devenu des immigrés de deuxième génération (on n’a pas encore de sexe) on est nés à La Tremblade, département de la Charente-Maritime en France, donc droit du sol, et en plus ayant un papa triploïde et une maman diploïde on est devenus des TÉTRAPLOÏDES (4 paires de chromosomes), nous sommes Français malgré nos ancètres  portugais et japonais. Pour corser le cas, nous sommes censés être stériles, je ne vous dis pas comme çà fait baver les mercantiles qui nous bradent (à prix d’or) TOUTE l’année !

Voilà un genre de « mariage gris » qui devrait faire rèver notre grand chasseur d’immigrés, le sieur Besson, au fait je crois qu’il les aime sans lait, jeunes et bien faites, lui qui semble être un fin gourmet (c’est pas toujours dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes semble-t-il dire) il ferai vite fait voter une loi obligeant ce genre de mariage et nos députés si prompts à applaudir des mains et des pieds à chacune de ses éructations ne se tromperaient pas de bouton, ils aiment trop les gueuletons.

Qu’il se méfie quand même, les tétraploïdes arriveront bien à se reproduire, comme les petits d’immigrés et ce  sera  une aberration de la nature telle que Monsieur Besson qui confirmera la règle. La nature est bien faite quand même.

A TOUS « BONNE ANNÉE » 

2 Réponses à “On n’est pas que des moules !”

  1. b.mode dit :

    Bonne année à toi et vive les moules ! au roquefort, eh oui madame !

    Dernière publication sur ruminances old style : Mauvaises nouvelles de la toile

  2. babelouest dit :

    Pour moi, j’ai été habitué aux moules de Charron ou d’Esnandes : elles étaient souvent invitées à table vu leur coût modique. Le poissonnier du village allait au marché au poisson de la Rochelle toutes les semaines. Autrefois avec une petite charrette tirée par des chiens, puis plus tard une plus grande avec son cheval. Enfin, luxe suprême, son fils a pris la relève avec un fourgon HY de Citroën.

    Bien sûr, on s’obligeait à la corvée de nettoyage des coques : les parasites ne manquaient pas, comme sur les vieilles coques de bateaux !

    En tout cas, on ne se posait pas la question de savoir à quel sexe elles appartenaient : au bouillon !

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