MEME SI JE RUMINE, JE GUEULE ET JE VOTE !

Posté par lapecnaude le 13 février 2010

imagescay944vo.jpg    Pour une grande majorité des hommes, le droit de vote des femmes est un accident de l’histoire. Que l’on observe une quelconque couche sociale, on constate une inégalité de paroles, de situations, ce qui leur semble normal il n’y a que 65 ans « qu’on » les juge aptes à avoir une pensée sensée (de préférence la même que celle de son époux, ou de son père, ou de son président de mari) le jour du vote. Le reste du temps elle n’est qu’un complément parfois agréable, souvent pratique.

Je dis cela parce qu’il est courant à droite comme à gauche de ne pas considérer le vote de ceux de ma génération comme responsable. « Les vieux votent majoritairement à droite » dit-on de partout, on considère cela comme l’expression d’une sorte de gélatine malléable qui garde la dernière empreinte qu’on y a incrustée, donc impressionnable et prenable facilement.

Il est évident que les mentalités des jeunes générations évoluent et que de plus en plus de femmes arrivent aux pouvoirs de décision, mais dans quelles proportions ? Pour la majorité des autres, les difficultés à vivre ou survivre, les charges de famille leur bouffent le moral si bien qu’elles s’abstiennent ou renoncent au combat politique plus par lassitude que par méconnaissance. Dans l’histoire, qu’elle qu’ai été la femelle dominante, elle a toujours été sous la sujétion des mâles (Elisabeth 1ere, Catherine de Médicis, Catherine II de Russie …)

Bien plus près de nous, l’échec de Ségolène Royal a été dû en grande partie à sa féminité (dubitatif : une femme président ?). Son entourage, des hommes, s’est conduit avec elle pire qu’une bande de harpies. Aucune chausse-trappe, aucune avanie ne lui a été épargnée. De son compagnon aux nombreux militants masculins et féminins émanait une sorte de retenue, de contrainte, de désaveu fataliste << Elle>>. Il en est de même de Martine Aubry, il suffit de lire ou d’entendre les déclarations machistes d’un Georges Frêche en plein délire pour s’en convaincre.                      Dans la majorité aussi, que ne dit-on pas de Fadéla, d’Alliot-Marie ( pfutt… une femme ministre des armées !). Il n’en reste pas moins que 1 tête = 1 vote.

J’ai assisté à de nombreux scrutins dans mon enfance, les « municipales », avec tout le folklore que l’on pouvait avoir dans une petite ville de          3000 hab. ainsi que les triches habituelles (chaussettes et parapluie) au dépouillement. A mes seize ans, ce n’était plus pareil, autre lieux, autres moeurs. Je travaillais avec mon père au secrétariat de mairie d’une commune de 27000 habitants, il y a eu le putsch, les comités de Salut Public, de Gaulle à Alger, à Constantine et nous chantant « c’est nous les africains » en bons patos que nous étions.

Un scrutin là-bas ? simple. Pour raisons de sécurité, pas de réunions, pas de tracts (savoir où était l’imprimerie ?), pas d’affiches (fallait avoir des murs pour les coller), ET en plus ils ne savent pas lire ….   Donc, on va leur dire selon la tradition orale. On a dit. Réponse : les fellaghas ne veulent pas qu’on vote, alors on vote pas. Ils n’avaient qu’une opinion : le jour, c’était les militaires ; la nuit, c’étaient les autres .  On emploie la méthode simpliste : vous vous sauvez dans le djebel, on envoie les camions et les militaires pour vous chercher et VOUS VOTEZ !  Simple…

A voir si c’est simple, le jour du vote, grosse difficulté, les militaires SAS ne voulaient pas d’isoloirs, des fois qu’une grenade … Nous on dit : C’EST LA LOI !  La journée a été dure, mais tous ont voté, dur d’empècher les maris d’aller avec leurs femmes dans l’isoloir … mais le plus difficile cela a été l’ancêtre qui était transporté dans un couffin (il était précieux, il touchait une pension).

Heure légale, on remballe, scelle les urnes et on entend le capitaine SAS nous dire benoîtement « ne vous fatiguez pas, il y en a d’autres toutes prêtes » !

A votre avis, quelles étaient mes pensées à la fin de cette journée ?

Quand j’ai eu 21 ans, j’ai reçu ma carte d’électrice, j’ai eu honte de ce qu’elle me rappelait, puis j’ai réalisé que par ce moyen je pouvais faire entendre ma toute petite voix, qui ferait masse avec les autres et qui sait, tonnerait assez fort pour se faire entendre. Mais à chaque fois, je ressens comme un grand vide, comme si on avait escroqué mes rêves. 

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