COMMENT DEFENDRE NOS RETRAITES ? 4ème partie

Posté par lapecnaude le 16 février 2010

imagescazzul9e.jpg                             Les arguments

9.- Comment financer nos retraites ?

Le déficit du régime général (branche vieillesse) devrait, selon les prévisions du gouvernement, être de 10,7 milliards d’euros en 2010 après 8,2 milliards en 2009 et 14,5 milliards en 2013. L’augmentation de ce déficit est liée, en partie, à des raisons conjoncturelles : la crise économique qui a réduit la masse salariale et donc le montant des cotisations retraites.

…/… En 2050, si ces ressources n’augmentent pas et si nous refusons que la grande majorité des salariés se retrouvent dans la misère, le besoin de financement de nos retraites par répartition s’élèvera à 200 milliards d’euros (constants) par an.

200 milliards d’euros par, dans un pays dont le PIB aura doublé, cela représente 6 points du PIB. Entre 1960 et 2000, la part du PIB consacrée au financement des retraites par répartition avait augmenté de 8 points, pourquoi serait-il impossible de l’augmenter de 6 % entre 2010 et 2050 ?

…/…Il serait donc, ensuite, nécessaire d’élargir l’assiette des cotisations retraites en s’attaquant aux << niches sociales >> c’est à dire aux revenus salariaux qui ne subissent aucun prélèvement ou un prélèvement forfaitaire de 4 % au titre de l’ensemble des cotisations sociales. Le manque à gagner lié aux dispositifs d’association des salariés aux résultats de l’entreprise est évalué entre 6 et 8,3 milliards d’euros en 2009 et, donc, au double en 2050 si ces revenus évoluent à la même vitesse que le PIB.

Il faudrait, enfin, augmenter le taux des cotisations retraites.

Sarkosy, le 25 février affirmait qu’il fallait <>. Il promettait d’examiner toutes le pistes. Curieusement toutefois, il n’a évoqué que << la perspective d'un allongement de la durée de cotisation >> (NDLR : nous avons vu plus haut pourquoi) et jamais d’une hausse des cotisations retraites.

Pourtant, dans son dernier rapport, le COR constate que l’effet positif d’une hausse de cotisation sur le solde du régime est immédiat et durable >>. Dans son rapport de 2001, le COR estimait que, même avec un taux de chômage ramené à 4,5 % de la population active, il faudrait encore augmenter de 15 points le taux de cotisation retraite pour équilibrer nos régimes de retraite en 2040 et revenir à un taux de remplacement de l’ordre de 75 % du salaire (comme avant 1993).

15 points d’augmentation en 40 ans (de 2000 à 2040 ou de 2010 à 2050) cela représente  une augmentation de environ 0,37 point d’augmentation par an. A raison de 0,25 points pour les cotisations patronales et de 0,12 point pour les cotisations salariales, cette augmentation est, bien évidemment préférable à la généralisation de la pauvreté chez les retraités que nous promet l’allongement continuel de la durée de cotisation.

Cette option a, pourtant d’emblée été exclue du débat public. Pour les salariés, l’augmentation de leurs cotisations seraient compensées en partie par les sommes qui n’iraient plus financer l’épargne retraite et le retour à un taux de remplacement de 75 % du salaire net permettrait de réduire le recours à la solidarité familiale au profit des personnes âgées.

Quand au patronat, s’il trouvait trop élevé l’augmentation des cotisations  retraites, il pourrait toujours commencer par renoncer à financer les << retraites chapeaux >> de ses dirigeantset alléger d’autant les sommes qu’il consacre au financement des retraites.

Veolia Environnement aurait pu, ainsi, économiser les 30,2 milliards d’euros provisionnés (et il s’agit des provisions d’une seule année)  pour financer les << retraites chapeaux >> de son Comité exécutif, dont 13,1 millions d’euros pour le seule << retraite chapeau >> de son PDG, Henri Proglio.

<< retraite chapeau >> qui devait permettre à ce monsieur, pourtant assez loin de la misère, de bénéficier d’une retraite complémentaire de 700 millions d’euros par an. La compétitivité des entreprises de notre pays serait-elle mise en cause par cette augmentation progressive du taux des cotisations retraites ?

Non si l’on remplaçait la << modération salariale >> par la << modération financière >> et si le montant des dividendes versés aux actionnaires diminuaient de façon à compenser l’augmentation des cotisations sociales.

C’est tout à fait réalisable !

Le montant des dividendes versés aux actionnaires a augmenté de 5,2 points de PIB depuis 1982, au détriment des salaires. Ces dividendes sont improductifs et ne servent qu’à alimenter la spéculation financière dont on a pu constater les effets.

Une baisse des dividendes versés aux actionnaires n’affecterait pas l’investissement productif et permettrait de ne pas augmenter le prix des produits ou des services facturés par l’entreprise, malgré l’augmentation du taux des cotisations retraites. La compétitivité des entreprises ne serait donc pas affectée.                                                                                                           (à suivre)

5 Réponses à “COMMENT DEFENDRE NOS RETRAITES ? 4ème partie”

  1. maquillage dit :

    La vraie première question est de faire cesser la discrimination entre secteur public et privé qui met à la charge du privé le coût de retraites pour lesquelles les fonctionnaires n’ont pas cotisé au bon niveau.
    Cela obère les engagements de la France dans des proportions considérables vis à vis des critères de Maastrich … et tend à faire de notre pays une seconde « Grèce ».
    La seconde est bien de jouer sur TOUS les paramètres y compris de prévoir une taxe (pourquoi pas carbonne puisqu’il s’agit d’améliorer l’espérance de mieux vivre)!

  2. b.mode dit :

    bah alors ça marche ! ;)

    Dernière publication sur ruminances old style : Mauvaises nouvelles de la toile

  3. lapecnaude dit :

    @ Maquillage – Merci de vous intéresser à ce long article qui, je dois le dire, n’est pas de moi. Je ne crois pas qu’il y ait de vraie discrimination entre les retraites du privé et du public, il y a sûrement le fait que l’Etat ne paie pas sa part employeur aux caisses de retraites, et qu’en plus, celles-ci sont grevées de lourdes charges avec les retraites-chapeau des ELUS et des grands commis de l’Etat. Je ne me souviens plus des pourcentages de mes cotiqations d’antant mais je me renseignerai). Il est cependant fort possible qu’il y ait une différence.
    En ce qui concerne la taxe carbone, je ne peux être d’accord, car elle est injuste. D’une part car elle exonère les grandes industries les plus pollueuses (aéronautique, automobile, hélas l’agriculture etc …). Les grandes industries ont la possibilité d’acheter des « crèdits pollution » à des pays en voie de développement hors europe (afrique notamment) et ainsi de disposer à moindre coût d’un potentiel d’acquis en ce domaine. C’est une arnaque. Ensuite, pourquoi vouloir taxer les petits qui prennent leur voiture pour se rendre à leur travail, essaient de se chauffer au maximum, soit au bois, soit à l’électricité (nucléaire non polluante), cela brimerait tous ceux sont loin de leur lieu de travail (et la mobilité alors). Comment faire payer une taxe à TOUS les transports transeuropéens qui traversent la France, polluent et détruisent nos routes secondaires ? Remettre des frontières et des douanes ?
    Non, ce qu’il faut faire en premier, c’est remettre le système fiscal en bon ordre de marche, le bouclier fiscal est une petite chose face au montant des niches fiscales.
    A vous lire

  4. pull dit :

    Une réforme juste disaient-ils, mais on s’oriente vers une surtaxe des Livrets A et des CODEVI et on oublie les actionnaires qui pourront toujours exiger 20 % de rendement (et donc en plus produire massivement des chomeurs) sans contribuer aux retraites. Intoxication jusqu’à saturation … après on enfile toutes les mesures anti-sociales et on oublie les autres … on ne va pas se renier quand même !

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