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A VERLAINE …

Posté par lapecnaude le 19 avril 2010

djebel.jpgC’était en juillet 60, un plein cagnard nous obligeait à faire la sieste, nous étions tous là dans la piaule de Guy, le sous-lieutenant du poste d’El Hassi-Bergoug, là bas plus loin que le col d’Aïn El Kebch, tout au bout de l’image …

Cherchant en vain un souffle d’air plus frais dans la touffeur du plein midi, où même les mouches n’osaient pas voler.

Après nous être régalés de l’histoire « du GRRRRand oiseau noir qui nichait sur le plus haut sommet des Highlands d’Ecosse, conte à épisodes plus burlesques les uns que les autres, se fit un silence, et soudain coupant ce silence, une voix …

Je suis venu, calme orphelin,  Riche de mes seuls yeux tranquilles,   Vers les hommes des grandes villes :   Ils ne m’ont pas trouvé malin.

A vingt ans un trouble nouveau   Sous le nom d’amoureuses flammes   M’a fait trouver belles les femmes :   Elles ne m’ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi   Et très brave l’étant guère,   J’ai voulu mourir à la guerre :   La mort n’a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?   Qu’est-ce que je fais en ce monde ?   Ô vous tous ma peine est profonde :   Priez pour le pauvre Gaspard !

C’était Jean, un centralien, il mort quelques jours plus tard, sur la piste, une mine ….

Depuis je pleure en lisant Verlaine.

Publié dans Au hasard des vagabondages | 7 Commentaires »

LE COEUR EN DEHORS de Samuel BENCHETRIT

Posté par lapecnaude le 19 avril 2010

hlm3.jpgCette banlieue, ces HLM qui vous collent à la peau et à l’âme. Lorsqu’on y a vécu, on en repart toujours en y laissant un petit bout de notre coeur ! Vous allez me dire que j’aime les histoires tristes d’immigrés, de pauvres, de sans-papiers… c’est un peu cela, oui, en cette époque ou l’on se permet d’entraver des humains comme des bestiaux et de les expédier vers n’importe où pourvu que ne soit pas chez nous, cela me révolte.

Insidieusement ces mots, « sans-papiers », « bâtiments », « tours », me ramènent à ma cage d’escalier avec un ascenseur (farceur lui aussi) jusqu’au 7ème étage du bâtiment 7, avec à chaque étage un vide-ordure sur le palier (clac-schlonc) et deux portes en vis à vis totalement identiques (un oeilleton au milieu bien sûr). Deux familles par étages, des amis, on se parlait, on s’entre-aidait. Chaque escalier était une mini-société.

LE COEUR EN DEHORS, c’est une gamin de dix ans, Charly, pas Charles, TRAORE, parceque son père est Malien, parceque sa mère est Malienne, parceque son père est parti un jour et que sa mère l’attend toujours, en travaillant « au noir », à temps plein chez des bourgeois dont la fille, une avocate a dû louer l’appartement HLM pour la mère de Charly parceque celle-ci n’a plus de papiers, son mari est parti avec …

Charly, un jour où l’ascenseur pour une fois marchait, est descendu avec pour partir à ‘école. A la porte, deux flics et une bonne femme l’accostent et lui demandent « Tu sais où habitent Joséphine et Henry Traoré ? », il le leur indique, et remonte très très vite chez lui par les escaliers. Comme c’est un champion de vitesse, il arrive et se cache dans le vide-ordures, il voit passer les flics, la bonne femme et sa mère qui porte un sac archi plein de choses … un regard, pas de sourire de sa mère, alors il se tait, il attend un long moment en se questionnant. Puis il dévale les escaliers et part au travers de la cité à la recherche de son frère Henry.

Henry ne va plus à l’école, il se drogue, au grand désespoir de sa mère. Charly durant cette recherche nous raconte sa vie, ses copains, Yéyé le roi des charrieurs, Freddy avec son éternelle écharpe autour du cou, Kader… son école, ses profs, ceux qu’il aime, ceux qu’il n’aime pas, la langue française sa matière préférée, la poésie, moins les maths, toute sa vie est et a été dans ce quartier, depuis la maternité, la maternelle, l’école primaire, le collège maintenant. Ces tours aux noms célèbres, Picasso, Proust, Guillaume Appolinaire, ce centre commercial où après avoir fait les courses il va parfois au restaurant avec sa mère, une fois chinois, une fois japonais, tout, il connaît tout Charly, sauf la réponse à cette question : que veulent les flics à ma mère ?

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