UNE HISTOIRE QUI CHLORE …DECONNE !!!

Posté par lapecnaude le 4 juillet 2010

charancon.gifUn encart dans le « Canard » du 30.6.2010 relayant un article du « Monde » du 24.6 concernait le scandale du chlordécone aux Antilles. C’est une vieille affaire qui avait été évoquée lors des grèves de pwotifastion et les interviews qui ont suivi.

Le chlordécone est un produit phytosanitaire pesticide organochloré de la famille du D.D.T. Il est persistant, non dégradable et a une durée de vie de plusieurs centaines d’années. Il a pour but d’éradiquer le « charançon du bananier » (voir illustration ci-dessus). Découvert en 1951, produit en 1958 aux États-Unis, il a été interdit dans ce pays en 1976 à la suite d’incidents graves (atteintes à la santé des ouvriers) à l’usine de fabrication de Hopewell en Virginie.

A partir de 1981, et à la demande des producteurs de bananes antillais (Békés), la fabrication du chlordécone à repris au Brésil et été importée par la Société antillaise Lagarrigue. Interdit en France en 1991, on en a autorisé l’utilisation (en raison des stocks) jusqu’en septembre 1993. En fait, celle-ci a perduré jusqu’en 2007 avec des concentrations allant jusqu’à 100 fois la norme ! Il aura donc fallu plus de 30 ans …..

Personne au gouvernement ne s’est ému du fait que 48,89% des terres agricoles utiles de Guadeloupe et 58,90% de Martinique étaient devenues dangereuses, sans oublier les nappes phréatiques, car TOUT est empoisonné.

L’impact de cet empoisonnement a été énorme sur le niveau de vie des habitants, car tout légume-racine comme la patate douce, la dachine, la carotte, le choux caraïbe, l’igname, mais aussi les légumes poussant près de la terre (sur tige) comme les melons, les pastèques, les giraumons, la cive, le persil, la banane ti-nain et même la banane-fruit (celle qui est exportée) etc… qui sont les produits de pays les plus couramment consommés sont devenus impropres pour l’humain.  De plus, une bio-concentration de la viande et des poissons est certaine via la chaîne alimentaire. Ce qui oblige l’achat de produits de substitution importés et très chers.

Les îles Martinique et Guadeloupe sont à la fois semblables et différentes, par les fait des origines de leurs populations, le fait de la diversité de leur environnement (forêt primaire, terres agricoles, mangroves, montagnes, récifs coralliens). Leurs populations respectives sont de 397.730 habitants (soit 353 h. au km2) pour la Martinique (dont 5% be békés, blancs-origine) plus 7370 immigrés, recensement de 2007 pour une superficie de 1100 km2 et de 405.500 habitants (246 h. au km2) plus 40.000 immigrés (environ, essentiellement des haïtiens), recensement de 2008 pour une superficie de 1860 km2.

Des études de l’AFSSA depuis 2007 il ressort que les ouvriers exposés de manière chronique à ce pesticide (donc par contact) ont été victimes de problèmes neurologiques, d’effets toxiques sur le foie, ainsi qu’une action de délétion sur la spermatogénèse (perte d’un fragment de chromosome du spermatozïde), d’atteinte rénales. C’est un cancérogène possible chez l’homme (risque augmenté de 2,5 du cancer de la prostate) et un perturbateur endocrinien (féminisant car mimant les oestrogènes). Actuellement près de 80.000 personnes habitent dans les zones où les sols sont contaminés et au moins 13.000 absorbent chaque jour , en mangeant des légumes qu’ils cultivent ou achètent au marché une quantité de chlordécone dépassant la valeur toxicologique de référence, soit 0,5ug/kg/j.

Sur l’environnement, les cultures bananières représentent respectivement 57,80% pour la Martinique et 24,85% pour la Guadeloupe, et de par la rotation des cultures, le ruissellement des eaux de pluie, on ne peut encore vraiment évaluer la superficie contaminée par le chlordécone. Celui-ci ne peut être détruit, il n’est pas bio-dégradable, il est stable à l’abri de l’air et de la lumière (sous terre donc), il s’agit d’une contamination secondaire qui concerne les nappes phréatiques, les rivières, les cultures, soit toutes les ressources vivrières des îles. Il en est de même pour les entreprise d’aquacultures nombreuses dans les îles.  Même le lait maternel est contaminé à 40% des échantillons examinés à des taux moindres autorisés pour un nourrisson.

D’énormes erreurs ont été commises, volontairement et involontairement, par appât du gain et prévarication qui rappellent furieusement les grands scandales des années 80 à 90 : hormones de croissance, sang contaminé, vache folle, amiante etc … Depuis les années 1979-1980, malgré une kyrielle de rapports périodiquement produits sur ce sujet, le gouvernement n’a rien fait écoutant plus volontiers le chant des sirènes des lobyistes du producteur de bananes Hayotte auquel Monsieur Barnier, (selon une vidéo obligeamment produite par Monsieur Hayotte) a obligeamment fourni toutes les subvention européennes et françaises que celui-ci sollicitait.

Ces vidéos étaient très instructives, quelques familles békés (entrepries familiales du fait des mariages non-métissés) tenaient TOUT le système économique de l’île. Lagarrigue importait le pesticide à banane, Hayotte la cultivait, la faisait subventionner et la vendais, et entre-temps ils se partageaient le système commercial alimentaire de l’île (importation = prix surchauffés …). Tout en circuit fermé. Les habitants ne pouvant plus vivre en autarcie se sont révoltés.

La réponse du gouvernement a été, comme d’habitude, la même. Dans ces îles touristiques, on a envoyés des C.R.S-touristes …

Les arrêtés d’interdiction de pêche ont été pris en Martinique et en Guadeloupe, il est même recommandé d’éviter de consommer des légumes de jardin plus de deux fois par semaine.

Le prix du kilogs de pâtes alimentaires est trois plus élevé là-bas qu’en Métropole !!!!!

———————————————-
Rapport de M. Jean-Yves Déaut, Député de Meurthe et Moselle et de Mme. Catherine Procaccia, sénateur du Val-de-Marne. (Assemblée Nationale – Sénat)


 

7 Réponses à “UNE HISTOIRE QUI CHLORE …DECONNE !!!”

  1. babelouest dit :

    Et voilà. Ici aussi, on tue, on tue pour le profit des quelques-uns qui « ont les moyens ». Lâcheté, morgue, comportement esclavagiste des « super-blancs » face aux habitants de couleurs mélangées, y compris les quelques descendants des caraïbes des origines. Bien entendu, le Pouvoir de la métropole appuie les cinq pour cent « qui comptent » pour lui. De quoi se mettre vraiment en colère !

  2. babelouest dit :

    Saluons le travail de fourmi de La Pecnaude, pour avoir mis en forme toute cette documentation sur le quotidien de nos voisins d’outre-mare aux harengs. Ils sont citoyens comme nous, d’une république qui ne reconnaît que les riches, les puissants, les salauds aussi. Leur sort est encore moins enviable que celui des métropolitains, car ils sont tués à petit feu de façon encore plus tangible. Bien entendu, lémédia n’en parlent que quand l’excès de colère fait descendre nos amis dans la rue, pour fustiger les excès qui ne manquent pas d’arriver. Sachons aussi que ces excès, souvent, sont l’œuvre de provocateurs dans le but de discréditer les mouvements légitimes.

    Guadeloupéens, Martiniquais, nous sommes avec vous, de loin malheureusement, afin de relayer vos revendications, et les répandre dans le Net. Et que vivent les Antilles, malgré tout !

  3. clomani dit :

    Agriculture intensive dans des « colonies » (car Guadeloupe, Martinique Réunion and co sont des colonies) = maladies graves + morts ! Vivent les pesticides ! Vivent les Békés ! Vive Monsanto qui nique la santé !
    Tout pousse facilement là-bas ! Il fait bon vivre sur une terre non ravinée par l’agriculture intensive, ou la monoculture. Or, quand on ne fait pas la culture intensive de canne à sucre, on pratique celle de la banane (en grosse lutte commerciale avec la banane US en provenance principalement du Costa-Rica). Tout ça à coups d’insecticides, de désherbants et de joyeusetés chimiques !
    Saleté d’agriculture intensive qui assèchent les terres, les ravinent en même temps qu’elle accroît la domination de l’homme par l’homme… euh, pardon, du Béké sur le nèg’. En passant, elle empoisonne les habitants de ces petits territoires. Que ce soit à Cuba, aux Antilles, en Haïti… on voit où ça mène, la monoculture intensive ! A des DOM complètement dépendants de la métropole, où le coût de la vie est incroyablement élevé.
    Pour le cas, on peut vraiment parler de la France comme d’une république bananière !

  4. lapecnaude dit :

    Vous avez vu comme il cavale bien mon charençon ?
    Ce que je dis n’est qu’un survol du problème. IL EST TRES GRAVE. Voyez un peu :
    - Propriétés physiques : se décompose à 350° C (point de sublimation)
    - Symbolique : T = toxique , N = Dangereux pour l’environnement
    - Phrases R : R40 = Effet cancérogène suspecté. Risque possible d’effets IRREVERSIBLES
    R24/25 = Toxique par contact avec la peau et par ingestion
    R50/53 = Très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets
    néfastes pour l’environnement aquatique
    - Phrases S : S22 = Ne pas respirer les poussières
    (…) S36/37 = Porter des vêtements de protection et des gants appropriés.
    Malgré les rapports de l’INRA (1977), l’UNESCO (1993), Balland-Mestres-Faget (mission des ministères de l’agriculture et de l’environnement en 1998, Bonand-Prime (IGAS-IGE rendu le 5.7.2001 à Mme le Ministre Voynet de l’environnement et Mme Gillot Secrétariat d’Etat à la Santé), Eric Godard ( génie sanitaire à la Direction à la Santé en mars 2003), ue mission parlementaire (membres non cités en début 2005), CE N’EST QUE TRENTE ANS APRES QUE L’ON DECOUVRE LA NOCIVITE DU PRODUIT !!!!!!

    Ce produit a été aussi employé : en Amérique latine, en Afrique, (Cameroun et Côte d’Ivoire), et MASSIVEMENT EN ALLEMAGNE ET EN EUROPE DE L’EST (pour traiter les pommes de terre), là il s’agit d’une autre forme le Kélévane (spécialité dosée à 80% de chlordécone, le Kélévane se dégrade dans le sol en chlordécone pur)

    Le scandale du chlordécone et des producteurs de bananes dépasse, de loin, en gravité, pour l’humain et l’environnement tous ceux qui ont été dénoncés jusqu’à présent.

    Maintenant, que l’on promulgue des arrêtés interdisant la pêche et ma consommation des légumes (cultivés sur des terrains qui n’ont pas été expertisés) … va mettre le feu à la poudre !!!

    Cela ne fait rien, aux dernières nouvelles Hayotte a mis la main sur les réseaux « grandes surface alimentaire » de l’Ile de La Réunion……

  5. foutoufô dit :

    si g bien compris : d’un côté des méchants blancs qui ne pensent tous qu’à l’argent et de l’autre une pauvre population (noire) qui subit l’avidité des pwofiteurs !… les bons d’un côté, les méchants de l’autre… un vrai roman, un conte de fée maléfique, en quelque sorte ! … au fait ?… les 5% de blancs (békés ?) cela représente…20000 personnes (5% x 397730) ?… pas chlore déconnés ?… est-ce que des parcelles spéciales leur auraient été réservé afin qu’ils ne soient pas contaminés ?… cela me semble bizarre !… est-ce qu’on n’utiliserait pas un réel problème sanitaire pour réactivé une problématique raciale ?…

  6. lapecnaude dit :

    @Foutoufô – Il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes !
    Il est vrai que, personnellement, j’ai été choquée par les divers reportages et interviews publiés tant sur le site « Bondamanjak » que sur les chaînes télés métropolitaines lors de la grève aux Antilles… Ils ont d’ailleurs été suivis par deux reportages « demandés » par Monsieur Hayotte alors qu’il « démarchait » à Paris des subventions auprès du Ministre de l’Agriculture et de la Mer. Le tout ayant donné une image réaliste du point de vue des « békés » (puisque c’est le terme usuel), que celle-ci plaise ou ne plaise pas n’est pas le problème.
    Je n’ai pas tenté, non plus de faire une étude sociologique de la population des Antilles Françaises. Mes renseignements viennent, pour la part recensement, de l’INSEE et pour le reste des différents rapports cités dans le commentaire ci-dessus.
    Personne ne peut nier, et pas même les intéressés, que les principales entreprises économiques de l’ile ne sont pas des coopératives ouvrières !
    > – Je serais tentée de vous dire que ce serait du « réchauffé », le premier rapport datant de 1977 … De plus, si problème il pouvait y avoir, il ne serait que local, ce qui ne risque pas de se produire puisqu’il est connu depuis 30 ans. Il est même certain que, compte tenu des différents scandales qui agitent la sphère gouvernementale actuellement …
    Comme vous me semblez au fait de certaines questions, dites moi donc quelle peut être la base de l’alimentation d’un chômeur, d’un Smicard, et d’un « béké » aux Antilles ? C’est toute la différence entre les gens friqués et ceux qui ne le sont pas.
    A vous lire.

  7. nb 996 dit :

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