DAME KHADIDJA – PREMIERE FEMME MUSULMANE

Posté par lapecnaude le 22 novembre 2010

harem.jpg    Depuis plus d’un an la presse, les hebdomadaires, les radios, les médias nous ont rebattus les oreilles avec cette fameuse histoire de voie islamique. Les uns étant pour libérer la femme musulmane d’une soumission à l’homme, les autres y voyant un machisme de mauvais aloi, le reste pour créer l’évènement et s’en servir à de fins pas très … catholiques eût dit un de mes camarades.

 

Mais personne n’a demandé l’avis d’une musulmane ? la première concernée après tout, voici celui de Nassira BELLOULA, journaliste et écrivain algérienne fort renommée qui nous a pertinemment redéfinit l’histoire de la femme musulmane depuis son premier jour :

La femme musumlmane soumise à une doctrine dictée par les hommes devra prendre exemple sur les premières dames en islam pour revendiquer ses droits

Les femmes en islam ont-elles toujours été soumises, voilées, écartées de toute décision intime ou publique ? Quatorze siècles après l’avènement de l’islam, elles restent tributaires des interprétations que font les hommes du texte coranique. Entre la parole divine, les communications orales (hadiths) de Mohamed et les traditions, elles ne trouvent plus de place dans les sociétés d’aujourd’hui. Finalement ont-elles fait des progrès dans l’affirmation de leurs droits ? Ou bien ont-elles abdiqué devant tant de difficultés ?

Aujourd’hui peu de femmes musulmanes réussissent à concilier religion, famille et carrière. Leurs conditions se sont davantage compliquées avec la montée de l’intégrisme radical. Le voile, le mariage précoce, la polygamie, la soumission rythment leur vie.

Le port du voile devient polémique. Il est réglé à coups de lois dans certains pays occidentaux tandis qu’il revient en force dans les pays musulmans. Finalement le voile est-il un problème ? Une entrave à la liberté individuelle ? Or, selon de nombreuses associations féminines, ainsi que des études menées sur le terrain (Rachda en Algérie – Africa – Ni putes ni soumises – le Cercle d’Études de Réformes Féministes – le livre de Nacira Guenif Souilamas « Des Beurettes aux descendantes d’immigrants nord-africains, éd. Grasset), les filles voilées abandonnent plus vite leurs études. Elles se marient de plus en plus jeunes et acceptent d’être seconde ou troisième épouse. Elles sont plus enclines à la soumission et à la manipulation. L’Iranienne Chahdort Djavann, auteur de « Bas les voiles ! » paru aux éditions Gallimard, dénonce la complaisance idéologique qui entoure le port du voile. «  »le port du voile met l’enfant ou la jeune adolescente sur le marché su sexe et du mariage, la définit essentiellement par et pour le regard des hommes, par et pour le sexe et le mariage »". L’écrivain rajoute «  » Quand on voile une petite fille, on lui inculque la culpabilité des sa sexualité féminine. On lui dit que ses cheveux et les formes de son corps peuvent à tout moment faire perdre le contrôle de soi aux hommes »".(NDLR: il nous faudra revenir sur ce « on »).

La femme musulmane aurait-elle évolué autrement si elle avait pris sa destinée en mains. Pourtant, les exemples de femmes musulmanes ayant lutté contre l’obscurantisme sont nombreux. Certaines figures emblématiques du combat féminin ont été effacées de la mémoire collective pour une meilleure emprise sur la femme. Pourtant, il suffit de jeter un regard sur le passé pour trouver les éléments essentiels aux revendications féminines d’aujourd’hui. Les premières dames de l’islam sont un exemple de progressistes et de visionnaires ayant pris des positions fermes sur des questions qui s’imposent aujourd’hui comme la polygamie , le voile, le travail féminin, le partage des tâches, le mariage etc …

Retour sur ces femmes qui ont marqué l’histoire de la civilisation musulmane.

Khadidja et la question du travail féminin

Khadidja bint Khuwaylid  était la première épouse de Mohamed, la première aimée aussi. Cette puissante héritière de quinze ans son ainée était lettrée et femme d’affaires avisée. Elle distingua Mohamed qui travaillait pour elle et le choisit pour mari. Khadidja était une personnalité forte dont on ne parle que peu, mais qui eut pourtant une influence essentielle sur la vie du prophète. Elle vécu avec lui 25 ans. De son vivant, Mohamed ne prit aucune autre épouse. Khadidja serait-elle en fait la représentation d’une conjugalité où la femme forte de ses droits est l’égale de l’homme ? Il faut rappeler que la première a avoir cru en Mohamed était Khadidja,  donc le premier musulman au monde était une musulmane.

Aïcha, première juriste musulmane

Khadidja meurt en 619, Mahomet épouse alors Swada puis 8 autres épouses, parmi celles -ci  Aïcha, la seconde après Khadidja, espiègle et intelligente a été à l’origine de plusieurs versets coraniques, notamment celui de l’adultère . S’étant égarée et ramenée par un jeune homme au campement, elle fut calomniée. Un verset l’innocentant fut révélé. Un verset qui rendit l’accusation d’adultère quasi-impossible : il faut quatre témoins oculaires de l’acte et que l’on puisse passer un fil entre les deux corps (si le fil passe il n’y a pas d’adultère). Aïcha partagea pleinement la vie du prophète, l’accompagnant dans des sorties et des batailles. Elle participa même à des courses. Elle était considérée comme l’un des plus grands juristes de l’islam naissant. Aïcha rapporta environ 2210 hadiths. Les compagnons de Mohamed considéraient qu’elle avait une grande connaissance. Ils l’interrogeaient souvent sur des questions religieuses, notamment d’ordre sexuel ou lorsqu’ils avaient des doutes sur un sujet donné. Elle fut l’une des femmes les plus instruites, beaucoup plus que les hommes de l’époque. Urwah bin Az-Zubair, compagnon du prophète et neveu d’Aïcha, dit à son sujet : « Je n’ai jamais trouvé quelqu’un d’aussi versé dans la connaissance du Coran, du licite, de l’illicite, de la généalogie et de la poésie arabe.

Soukaïna et Aïcha bent Talha, celles qui refusèrent le voile

L’arrière-petite-fille du Prophète Mohamed, Soukaïna, fille de l’imam Hussein et petite fille de Fatima (fille préférée de Mahomet)ne s’est jamais voilée. Elle était d’une grande beauté et refusa également d’abdiquer sa personnalité et ne consentit jamais au principe d’obéissance au mari «  »Taâ »", ni au droit de ce dernier à la polygamie.Elle stipulait ces contestations de l’autorité masculine dans ses contrats de mariage. Soukaïna affichait une coquetterie toute féminine, mettait en valeur sa beauté par une coiffure spéciale qui portait son nom « al turra al sukeynira »(les cheveux bouclés de Soukaïna). 

Aïcha bent Talha, pa petite-fille du premier calife de l’islam et compagnon du Prophète, Aboubakr, refusa le voile. Lorsque son époux Musab al Zubayr lui en fit le reproche, elle lui répondit : « Dieu m’a accordé la beauté, il me plaît que les gens la voient et connaissent la préférence qu’il m’a accordée. Je ne suis point disposée à le dissimuler. Ma réputation ne souffre d’aucune tache qu’on puisse me reprocher. »  Le mari se plaignit au Prophète mais celui-ci n’obligea pas Aïcha à se voiler.

Fatima, fille aimée du prophète et la polygamie

Lorsqu’Ali, l’époux de Fatima, la fille aimée du Prophète Mohamed, désira prendre une seconde épouse, Fatima s’empressa d’avertir son père. Elle souhaita plutôt se séparer de son époux que de subir un tel affront. Le Prophète déclara en chaire, hadith rapporté par El Boukhâri et mouslim :  » Si Ali veut se remarier, qu’il divorce auparavant. Ma fille est une partie de moi-même. Ce qui lui fait mal me fait mal, ce qui la bouleverse me bouleverse ». Le Prophète lui-même resta monogame durant 25 ans avec sa première épouse Khadidja. Il ne se remaria qu’après sa mort.

Sunna ou comment suivre les pas du Prophète ?

Les musulmans sunnites placent la tradition Mahométane au plus haut point. Pourtant, ils ne suivent que ce qui leur sied. Khadidja était plus âgée que son époux de 15 ans. C’est elle-même qui demanda le prophète en mariage. De son vivant aucune co-épouse ne vint troubler la paix de son foyer. Or, aucun musulman n’accepterait cette situation. Une épouse plus âgée, audacieuse au point de demande la main d’un homme, une femme d’affaires et surtout exigeant (sans doute) d’être l’unique. Voilà un caractère bien trempé qui déplaît aux musulmans radicaux. Pour la tradition, c’est Aïcha qui devient l’épouse préférée au prophète. Ils la placent avant Khadidja. Pourtant, dans un hadith, le prophète a dit :  » Apprends (s’adressant à Aïcha) qu’aucune de vous n’arrive à la cheville de Khadidja. Au Paradis, elle sera la plus proche de moi et aura la prééminence sur vous toutes. » La deuxième épouse du prophète était âgée de cinquante ans.

Qui, des maris musulmans accepteraient de faire la vaisselle, alors que, comme le rapportent de nombreux hadiths, le prophète aidait Aïcha  dans les tâches ménagères ?  Il en est de même pour les tournois de sports mixtes. Le prophète faisait souvent des courses de chameau avec sa femme Aïcha. Cette dernière disputa même une course de chameau avec Ali, le gendre du prophète.

Les islamistes radicaux occultent bien des réalités pour maintenir la femme dans un état d’esclavage et de sous-être. Sait-on encore que les femmes musulmanes peuvent exiger « Al Usma », c’est à dire l’impeccabilité et la monogamie de leurs époux à la signature du contrat de mariage ? Le voile est présenté comme un instrument de protection. Or, la réalité, c’est qu’une femme doit se voiler pour cacher son corps, car justement elle est un objet sexuel de la tête au pied. Elle n’est qu’un sexe en entier. Cette doctrine officielle confisque tous les droits aux femmes.

Nassira écrit ce ON dans le sens de : la tradition. Dans un prochain article, je reviendrai sur les « hadiths » et les multiples formes de cette religion. Mais on peut tout de suite se poser au moins une question : qu’est-ce qui fait peur aux musulmans pour qu’ainsi ils se méfient autant d’eux-mêmes vis à vis des femmes ? En qui n’ont-ils pas confiance, en eux ou en leurs femmes ? 

 

 

 

10 Réponses à “DAME KHADIDJA – PREMIERE FEMME MUSULMANE”

  1. babelouest dit :

    Bravo Françoise, voilà un article qui va remettre plein de pendules à l’heure, au point qu’elles vont sonner les cloches à des tas d’hommes, puisque ce sont eux qui tirent à eux la couverture. Personnellement, il y a longtemps que je pense beaucoup de mal de ces machos qui ne savent pas se tenir devant une femme. Ils sont bien faibles ! Et bien sûr il ne faut surtout pas le leur dire. C’est une certaine forme de racisme, car le racisme est une faiblesse qui s’exprime par la violence.

    Encore une fois, bravo!

  2. baillergeau dit :

    Content de te voir réagir sur ce sujet en le sortant du manichéisme.
    Une remarque : l’usage du voile islamique n’est pas le même dans la zone musulmane arabe et dans celles qui sont aussi musulmanes mais pas arabes.
    A te lire à nouveau

  3. lapecnaude dit :

    C’est à Nassira que je dois cet article, elle reste journaliste et combat contre l’obscurantisme dont sont victimes trop de musulmans et de non-musulmans. Il reste cependant une fois les choses remises à leur place, c’est à dire, la « génèse du Coran » a remettre un peu d’ordre (si faire se peut) dans cette histoire de hadiths sur lesquels beaucoup ont créé « la charia ». C’est un peu là que je veux en venir en fin de compte.

    Je deviens (quand ne l’ais-je pas été ?) enragée devant la soumission imbécile de ces gens à qui ON a dit que çà c’était bien et çà c’était mal, comme cela ORALEMENT (parce que souvent ils ne lisent pas l’arabe et encore moins l’arabe littéraire), ces INTERDITS, ces paroles DEFINITIVES. Et c’est valable pour TOUTES les religions.

    Mon autre problème, c’est que, en France cohabitent TROIS religions : la catholique, la réformée et l’islam, et qu’une seule à LE DROIT DU SOL apparemment, ce qui est contraire à la Constitution d’une part (nous sommes un Etat Laïque, et nous ne disons pas Gott mit uns ou In God whe trust, faut pas confondre) et à la Déclaration des Droits de l’Homme … Nous avons des milliers de clochers (qui nous coûtent cher), des tas de chateaux avec des donjons et des tours, des « villas Mon Repos, Sans-Soucis, Mon P’Tit Paradis »(c’est d’un goût !), et pourquoi n’aurions nous pas des coupoles et des tours-minarets ? L’architecture est un art, en quoi la grande Mosquée de Casablanca est-elle moins belle qu’une de nos cathédrales ? Elles servent toutes deux aux mêmes fins.

    Dur, dur, la tolérance !

  4. babelouest dit :

    La Pecnaude, la tolérance est un terme que je trouve très inadéquat. Il implique de la part de celui qui la pratique une (pseudo)supériorité, laissant tomber du bout des lèvres « Je condescends à tolérer ».

    Non, il faut tout simplement accepter l’autre, en toute humilité, et toute convivialité. C’est plus difficile ? Pour certains, sans aucun doute. Mais c’est le meilleur chemin pour se rencontrer d’égal à égal. Se croire meilleur, plus…….. quelque chose, déjà empêche tout dialogue constructif. A celui qui prend la relation ainsi, il manque quelque chose. C’est lui le handicapé. On peut penser précisément que cette morgue est une réaction de défense, un aveu d’infériorité.

  5. Omar dit :

    On voit pourtant de plus en plus de réactions hostiles au port du voile. On entend des cris de haines. L’histoire n’a servit a rien et elles nous repasse les plats de ses heures les plus sombres.

  6. babelouest dit :

    S’agissant du contexte français, un seul critère est valable pour le port du voile (pas celui où l’on ne voit plus que les yeux, qui est un rejet manifeste de tous les autres citoyens) : la volonté de la dame qui le porte. Si c’est en raison d’une pression de son milieu proche, ou pire de sa famille, c’est tout simplement inacceptable. La difficulté est de savoir justement s’il y a ces pressions.

  7. Nour dit :

    Le voile dérange-t-il en lui même, j’ai vu des femmes très épanouies, en pantalon, tunique et foulard continuer leurs bouts de chemin. Ce qui dérange c’est qu’il y a des femmes qui associent voile et restriction, donc une fois le voile mis, elle rentre dans un engrenage de négation, d’effacement (plus de distraction, de joie de vivre, plus d’ambition, études mises de côtés…) Le voile influence beaucoup le comportement des femmes qui deviennent ainsi soumises à un code. Elles mettent des longs manteaux qui trainent par terre, des chaussettes noires avec des chaussures grandes et plates des gants noires (je ne cariture nullement) à ce moment là, rien n’a plus de sens.

    Pour répondre à babelouest. Il y a forcément pression dans le port du voile même si elle n’est pas physique plutôt morale ce qui est plus grave encore. Le fait de dire à ces femmes que c’est une obligation coranique, est une pression en soi. Si nos érudits musulmans acceptent d’être honnêtes et de dire que le voile n’est pas une obligation, à ce moment là, celles qui le porteraient, le feraient vraiment par choix. Toute la question de la pression est là, je connais beaucoup de femmes qui le portent par crainte du chatiment divin (car il y a pour elles la notion d’obligation coranique et divine)

    merci pour ce débat

  8. lapecnaude dit :

    Babelouest, je disais « tolérance » sans aucune nuance de supériorité, mais avec l’acception de « l’ouverture » (faut avouer que ce mot a tellement été galvaudé que je crois qu’il ne vaut plus rien). Tu parlais de pressions de la part des familles ou de leur milieu et Nour a très justement répondu qu’il y avait autre chose encore : la peur de « la colère de Dieu ». Ce qui équivaut au sentiment que nous autres occidentaux ressentions en des temps plus lointains lorsque nous étions sous la coupe de nos ecclésiastiques.

    Le problème qui se passe en France, c’est que d’une part, on a laissé des imams venir d’ailleurs (arabie saoudite notamment, et ce n’est pas qu’en France que le fait s’est avéré nocif) et que l’Islam n’a pas de structure éducative hiérarchisée, les cathos ont le Vatican et le Pape, les orthodoxes l’Archimandrite, et que l’Islam s’est éclaté en de multiples « mouvements de pensées » qui souvent ont chacune LEUR interprétation du Livre.

    Ce qui fait que les jeunes musulmans n’ont pas vraiment de repère puisqu’il n’y a pas un ordre commun bien défini pour leur enseigner leur religion. C’est aussi que j’espère revenir avec l’aide de Nassira, si elle le veut Bien.

  9. nour dit :

    voici un article interressant
    Le voile n’est pas obligatoire en Islam

    (http://mlouizi.unblog.fr/2007/03/28/le-hidjab-nest-pas-obligatoire-en-islam/

    quelques extraits :

    Gamal Al-Banna (penseur égyptien, frère cadet de Hassan Al-Banna fondateur des frères musulmans en Egypte)
    souligne que le Coran n’est pas une “marque déposée” pour la retrouver sur les vêtements dits légaux (chari’). Les recommandations contenues dans le verset : “Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès”(1) traitaient de la manière usuelle de s’habiller à cette époque. Les femmes portaient le voile, comme elles le faisaient depuis des siècles que ce soit en Mésopotamie ou en Grèce, et les hommes des turbans pour se protéger du soleil ou de la poussière. Sinon le seul verset qui évoque le hidjab étant : “ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.”(2) Selon Al-Banna, il s’agit là d’une allégorie relative à une rideau ou quelque chose qui cache du regard des autres les femmes du Prophète. Mais Al-Banna ne s’arrête pas en si bon chemin, il indique qu’un hadith réputé vrai (sahih) évoque les ablutions que faisaient en commun hommes et femmes et, ainsi, ces femmes ne pouvaient rester couvertes pour accomplir ce rite. Se référant à l’histoire l’islam, il rappelle que le khalife Omar avait sermonné une servante, esclave musulmane, pour s’être accoutrée en mettant le voile, celui-ci permettant de distinguer les femmes libres (qui le portent) des esclaves (qui ne le portent pas).

    « la lecture même du Coran doit évoluer et les musulmans qui, selon ses propos, “ont donné à l’esprit congé depuis mille ans”, doivent revoir les interprétations du Coran à la lumière des connaissances modernes, de la pensée universelle et de la révolution que le Coran a apporté au moment de sa révélation. Quant au hadith, il en appelle à l’esprit critique des musulmans pour savoir distinguer ce qui est en conformité avec l’esprit du Coran et ce qui ne l’est pas. Il souligne qu’à l’époque des khalifes qui ont succédé au Prophète, certaines des sanctions extrêmes relatives aux péchés capitaux, comme couper la main du voleur, avaient été levées dans des circonstances particulières. Mettant en avant que l’adaptation relative du message divin est inscrite dans l’histoire même de l’islam, il se demande pourquoi ces mêmes adaptations ne seraient plus possibles aujourd’hui. Pour le frère cadet du fondateur des Frères musulmans d’Egypte, les débats aujourd’hui plus pressants que celui autour du hidjab concernent la citoyenneté, le respect des principes des droits de l’homme dans les pays musulmans »

    En plus de la censure qui le frappe, certains des livres de Gamal Al-Banna sont interdits sur proposition de la commission de censure d’Al-Azhar comme « La responsabilité de l’échec de l’Etat islamique » écrit en Arabe. Je ne sais pas s’il y a une traduction

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