COMMENT DEFENDRE NOS RETRAITES ? 1ere partie

Posté par lapecnaude le 14 février 2010

La question est tellement importante que j’ai décidé de relayer le dossier réalisé par Jean-Jacques Chavigné de Démocratie et Socialisme intitulé : 10 questions, 10 réponses sur nos retraites - diffusé par le site Dazibaoueb. Compte tenu de l’importance du contenu, je le fractionnerai en quatre parties.

Le sujet de l’avenir des retraites en France a été largement abordé ces dernières semaines. Au moment où l’on essaye de faire croire aux salariés qu’il existe un consensus sur l’allongement de la durée de cotisation, prélude à l’alignement sur la retraite à 67 ans que viennent d’adopter plusieurs pays d’Europe.

En clair, de déclaration en déclaration, on voit bien que le slogan :  » Leur crise n’est pas la nôtre ! » est en train de devenir : « faisons payer au plus grand nombre les effets de la crise » !  Mis à part la polémique lancée involontairement par Martine Aubry et les quelques réactions des élus PS, on a peu entendu le PS s’exprimer sur le sujet à mon grand regret.

Ce dossier à l’avantage de permettre à tous de mieux comprendre les enjeux futurs et la part d’intox pratiquée par le gouvernement et certains dirigeants économiques. Et surtout, de poser de bonnes questions.

ÉTAT DES LIEUX :                              Retraites 2010 :  10 questions   -  10  réponsesaa

1.- Quel est le bilan des contre-réformes des retraites depuis 1993 pour les retraités et futurs retraités ?

…/… La << réforme >> Balladur-Veil de 1993 s’est attaquée, en plein mois d’août, à la retraite du régime général des salariés du secteur privé. Elle a augmenté la durée de cotisation de 2,5 annuités (de 37,5 à 40). Elle a fait passer le nombre des meilleures années prises en compte pour le calcul de la retraite de 10 à 25. Enfin, l’évolution des retraites n’étaient plus indexées sur les salaires mais sur les prix. Les réformes de 1993,1994,1996 et 2003 des retraites complémentaires (Arrco pour l’ensemble des salariés et Agirc pour les cadres) se sont traduites par une augmentation du prix d’achat de la valeur du point et une baisse de la valeur du point servant de base au calcul de la retraite et donc par une baisse du montant de ces retraites.

Aujourd’hui, déjà, plus d’1 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50 % des retraités ont une retraite inférieure à 1000 euros …/… En 1993, la retraite nette moyenne s’élevait à 78 % du salaire moyen net. En 2030, elle ne s’élèvera plus qu’à 59 % de ce salaire moyen net …/… cela ne suffit pas à la droite et au Medef qui veulent continuer à faire baisser le montant des retraites par répartition tout en affirmant le contraire, la main sur le coeur. Si nous les laissons faire, en 2030, c’est la grande majorité des retraités qui se retrouveront sous le seuil de pauvreté.

2.- Pourquoi faut-il défendre avec acharnement la retraite à 60 ans ?

Beaucoup de beaux esprits (à droite mais aussi, malheureusement à gauche) nous expliquent que l’âge légal de la retraite n’a plus d’intérêt, maintenant que la durée de cotisation est passée à 40 et bientôt 42 annuités. En considérant que les régressions imposées par la droite font désormais parties du paysage des retraites, il est, en effet, difficile de concevoir comment un jeune qui commencerait à travailler à 25 ans et qui devrait cotiser pendant 42 ans pourrait espérer prendre sa retraite à 60 ans.

Une simple addition montre qu’il ne pourrait pas prétendre à une retraite à taux plein avant 67 ans. Mais si cela ne sert à rien de débattre de l’âge légal de la retraite, pourquoi la droite tient-elle tant à faire bouger le curseur ? …/… Plus d’1 million de salariés, tout d’abord, disposent de la totalité de leurs annuités nécessaires à une retraite à taux plein mais ne peuvent pas prendre leur retraite  parce qu’ils n’ont pas encore 60 ans. Il leur faut travailler 2 ou 3 ans. Avec un âge légal à 62 ans, c’est 4 ou 5 ans qu’il leur faudrait rester au travail. Ensuite, parce que le recul ou la disparition du droit à la retraite à 60 ans ferait presque automatiquement sauter le verrou des 65 ans.

Or, ce verrou est essentiel. Il permet à un salarié dont la carrière est incomplète de pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein lorsqu’il atteint l’âge de 65 ans ! …/… Si l’âge légal disparaissait ou passait à 62 ans, le Medef utiliserait aussitôt ce recul comme levier pour imposer la disparition du butoir que constitue l’âge de 65 ans.

Pour ceux qui douteraient des intentions du Medef, il faudrait qu’ils se souviennent que le Medef appelle de tous ses voeux la disparition de ces deux âges butoirs de 60 et 65 ans …/…

3.- Une fatalité démographique pèse-t-elle sur nos retraites ?

Il y avait 11 millions de retraités en 2000, ils seront 21 millions en 2040 …/… L’allongement de la durée de la vie n’est pas de 1 trimestre comme le proclament haut et fort Sarkosy, Guéant et Parisot, mais de 0,44 trimestre par an comme l’estime le rapport du COR de 2007, s’appuyant sur les dernières données de l’INSEE …/… Le nombre de retraités serait inférieur de 650 000 en 2050 par rapport à la moyenne des deux précédentes hypothèses retenues par le COR. Il ne suffit pas, ensuite, que la population en âge de travailler augmente. Encore faut-il qu’elle ait effectivement un travail. …/…A moyen terme, en effet, l’augmentation de la productivité du travail viendra annihiler les effets de la croissance et ne permettra pas au chômage de reculer …/… Réduire le temps de travail est une mesure incontournable : elle seule permettra d’en finir avec le chômage et du même coup d’améliorer l’équilibre financier de nos régimes de retraite …/… En 2050, le montant de la richesse nationale passera de 1 700 milliards d’euros à plus de 3 400 milliards d’euros …/… Avec une augmentation de la richesse de notre pays de 1 700 milliards à cette date, cela laisserait 1 500 milliards d’euros pour l’augmentation des salaires directs, des cotisations de l’assurance-maladie, des investissements publics et privés, de la réduction du temps de travail et même des profits. Il y a cependant une condition à cela, c’est que les profits ne captent pas la plus grande partie de ces 200 milliards qui devraient revenir aux retraités.  …/… (à suivre)

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