MAIS JUSQU’OU IRONT-ILS ? MA BOUNE DAME !

Posté par lapecnaude le 2 février 2011

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Cela s’est fait tout doucement, tranquillement, la vie s’annonçait belle, plus de guerre, du travail pour presque tout le monde, des discours lénifiants, réconfortants, une élection par çi par là, juste de quoi alimenter les journaleux, quelques scandales aussi, alimentés provoqués par les mêmes écrivaillons qui n’arrivaient pas à se satisfaire de la mélasse dans laquelle ils nageaient.

Puis les banques se mirent à faire mumuse , toujours à rechercher les moyens de gagner plus d’argent. A ce jeu, elles en ont voulu plus encore, elles ont inventé, imaginé, vendu du vent, prêté de l’air, et tout s’est écroulé. Lamentable château de cartes biseautées.

La société aussi a joué, elle a sur-joué sur l’air du « c’est pas ma faute, c’est celle de l’autre ». Il fallait des coupables, des exutoires à la vindicte populaire. L’autre, bien entendu, est différent de couleur de peau, d’origine, d’ethnie, de religion … de religion surtout. Le diable était déjà tout trouvé, on l’avait colonisé, exploité, asservi, à l’occasion un peu occis aussi.

Tout recommence, les français ayant fait le tour de leurs turpitudes revenaient à leur point de départ : la croisade du catholicisme contre le peuple impie.

Ces franchouillards empâtés (ma maison, ma voiture, mon hyper-super marché pas loin, mon petit boulot pépère, mon bistrot préféré) se sentirent redevenir soudain vindicatifs, nationalistes, même, plus conquérants mais toujours colonialistes et n’ayant plus de colonies où exercer leurs défoulements, trouvèrent naturellement le moyen de recréer des colonies « intra-hexagonales » !

Mais oui, là, sous leurs yeux, les « cités », les « quartiers », là où végètent les « autres » !

Nous avions eu durant la dernière guerre des individus capables d’écrire des horreurs sur les juifs, l’ennemi de l’intérieur, enfin toute cette littérature de propagande débile, maintenant, sournoisement , le même genre de zigotos, mâles et femelles (elles ne sont pas en reste et certes plus venimeuses encore), reviennent grâce aux nouvelles technologies, la plupart sous des pseudonymes et pratiquent leur art sur internet ou twitter : la panacée de leurs refoulements.

Ils se disent « souchiens », je ne sais comment le comprendre, sous-chiens ou … ?, traitent les « autres » de sous-hommes, parfois avec un certain talent épistolaire, mais avec des arguments si pauvres. Voudraient-ils démontrer leur incapacité à vivre dans une société d’humains ?

Ils se sont montrés incapables par leur choix de vote d’empêcher le démantèlement industriel du pays, la destruction de tous les secteurs vitaux de la production de travail, de se lever pour faire cesser cette comédie de gouvernement, se satisfaisant des rognures qu’ont leur lançait pour les calmer (primes à la casse, crédits à taux réduits pour construire etc …). Vrai, ils avaient voté.

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COULEURS CARAIBES …..

Posté par lapecnaude le 7 juillet 2010

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Est-ce pour provoquer une « zoreye » qu’il croit ignorante que Toutoufo (du Lamentin en Martinique, je crois) m’a demandé si je voulais réveiller un conflit racial dans les îles lorsque j’ai publié l’article sur les « bananes chlordéconnées et les békés ».Ce n’était pas mon propos, et « zoreye » je suis, parce que je suis née comme cela, tout comme lui (ou elle) est né(e) comme il(elle) est. Nous sommes de la même race, des humains … mais pour vous illustrer la chose, lisez ce qui suit. Je ne me flatte pas d’avoir écrit les extraits cités, je les ai trouvés savoureux, pertinents, impertinents, parfois logiques dans leur illogisme, sorte de philosophie de comptoir où l’on bois le ti-punch ou le pété-pied. Une conversation entre « natives » à la suite d’une enquête d’un grand quotidien sur l’idée que se font les « métros » des antillais et vice et versa …

Inconnu -  Français de souche africaine, çà fait métro ? ou peut-être souchien français exclusivement qui fait métro … pourquoi un corse n’appelle-t-il pas un parisien métro ? Vous ne trouvez pas que dire métro c’est trop vous rabaisser ?

Larosse – Métro, métropole, il s’agit bien là d’un vocabulaire daté de la période coloniale, utilisons tout simplement les mots « français de l’hexagone ».

Clône – La seule différence avec l’ère coloniale, avant 1946, c’est que le gouverneur ne porte plus de casque (….) en tous cas ne confondons pas les Métros et les Hauts-Maîtres …       (….)

L’argumenteur – Stop à l’hypocrisie ! Les dénominations békés et zoreys sont des réalités que personne ne peut nier car elles recouvrent des comportements « particuliers » et grégaires.
- Nos mulâtres « historiques » ont eux-même en quasi-totalité perdu leur pouvoir économique et s’accrochent à l’image d’un Parfait, ils ont encore des comportements de classe, et continuent de se marier entre eux, se déchirent pour un petit bout d’héritage qui leur permettrait de garder quelques semblants d’attributs de classe : une villa créole, un bateau, un 4×4, (mé ayen pa la). Ils ont perdu à la fois le terrain politique, ils étaient souvent maires, députés, ils ont perdu le pouvoir économique (commerces, distilleries), le pouvoir intellectuel, ils étaient LES professions libérales (notaires, avocats, dentistes, architectes ect…)
- Et les nègres sont là à se chercher, certains se trouvent par le travail, par les études, par la politique aussi.
Les grands perdants des 50 dernières annés en Martinique sont les mulâtres, le Maire en ce moment leur offre une opportunité de revenir à la « lumière », mais c’est encore pour tenter de paraître vivant. Ils ont été bouffés de partout par les zoreys débarqués dans le commerce, par les nègres sortis des lycées qui ont fait des études, par les békés qui ont repris certaines de leurs activités dès lors qu’ils ont laissé l’habitation et la canne, et aussi par leur comportement anti-nègres qui les a souvent empêché de collaborer avec la bourgeoisie noire naissante.

L’intellectuel – Derrière les jugements que nous avons sur les autres, « métros » ou « békés », il y a à soulever le couvercle entre nous, dont on pourrait se demander si cela ne revient pas à créer un appel d’air favorable aux « autres ».      (…)

(?) – En poussant la chansonnette un peu plus loin, il y a donc les noirs, les un peu moins noirs, les encore moins noirs, les bronzés, les « français de l’hexagone », les békés, les ….. C’est quoi ce racisme primaire ?     (….)

- L’argumenteur – Larosse a écrit : « en tous cas ne confondons pas les métros et les hauts-maîtres » … Les distinguer ne change rien à ‘affaire, ce sont des « ennemis » au même titre.         (….)

- Lefilou – La relation entre noirs et mulâtres est précisément notre point faible mais en même temps on pourrait se demander si cette distinction correspond bien à une réalité du passé, ou si elle ne serait pas plutôt une construction récente, factice et condamnée.

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HOMMAGE A MON INSTITUTEUR

Posté par lapecnaude le 11 juin 2010

autrefoisporteplumeetencrier.jpg  C’était il y a longtemps, plus de soixante ans, à cette époque dans nos villages, nos villes, nos quartiers, il y avait de « grandes figures » respectées. Le Maire parce qu’on l’avait choisi, le Curé ou le Pasteur parce qu’il représentait la morale et l’Instituteur parce qu’il dispensait le savoir.

Mon instituteur, Monsieur Beurton, était un homme déjà fait comme on disait alors, il avait presque cinquante ans lorsque je suis entrée dans sa petite classe de 11ème. C’était une classe unique qui allait de la 11ème jusqu’au certificat d’études primaires. Entre-temps, en 7ème2, quelques élus (socialement) étaient soumis à l’examen d’entrée en classe de 6ème, dans le secondaire.

C’était une classe mixte où une trentaine de garnements devaient coûte  que coûte apprendre les bases nécessaires du savoir et du savoir-vivre qui leur seraient nécessaires plus tard.

Je venais de la maternelle laïque où j’avais appris mes lettres et mes chiffres. Quelle émulation c’était que d’entendre le Maître raconter l’histoire ou la géographie de la France aux grands, et les sciences naturelles ! Nous profitions évidemment des enseignements en instruction civique et morale. Ça, c’était pour tout le monde, « plus on apprend jeune, plus on retient » disait-il.

Il se faisait respecter, le Maître, pour cela, il avait « Rosalie », une longue baguette de noisettier, si longue qu’elle pouvait aller jusqu’au dernier rang de pupitres de la classe. Pas moyen de regarder voler les mouches ! Clac ! faisait la baguette sur le bois, cela nous réveillait.

Vous n’avez jamais chanté les tables de multiplication ? Non, maintenant on n’apprend plus à compter, on tape sur les touches d’une machinette … çà n’ouvre pas l’esprit !

On devait tout apprendre par coeur, les verbes, les conjugaisons, la grammaire, le vocabulaire, l’arithmétique, la géométrie, un peu d’algèbre, l’histoire, la géographie, les sciences naturelles et le français. Ah ! ces phrases, combien de fois tournées et retournées afin qu’elles deviennent parfaites, qu’elles expriment l’idée, le temps, le lieu …

Nous écrivions à l’encre, cette encre violette qui au fil du temps s’efface de nos vieux cahiers d’école et de nos lettres. Au porte-plume, avec une plume « sergent-major », le buvard si nécessaire, gare aux taches, une page tachée était considérée comme cochonnée et déchirée – à refaire, avec en prime une centaine de lignes à copier afin d’apprendre à soigner son travail.

Mouler ses lettres était, pour les petits, la grande affaire de la première année. Majuscules, minuscules, avec des arrondis bien francs, des m et des n avec des enjambées bien distinctes, des j et des g avec de vraies jambes galbées et non des queues qui étaient réservées aux q. Quelles difficultés avec les boucles du k et ce w et sa petite queue … essayez, reprenez le porte plume.

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Mourir, c’est pas facile, qu’il a dit ….

Posté par lapecnaude le 23 janvier 2010

images.jpgSi çà l’avait été, il aurait peut-être essayé ? De qui se moque-t-il ?

L’été était pourtant chaud, comme je les aime, quand j’ai téléphoné à mon médecin référent « çà ne va pas, je me sens partir .. ». Couchée en foetus sur le canapé, j’attendais, déjà retirée en moi, rassemblant mes morceaux, allez debout, dans la voiture… Arrivée aux « urgences », là on me hisse dans un fauteuil roulant, me trimballe dans des couloirs bétonnés, me hisse en station debout devant un truc glacé, me retransbahute, me portée sur un lit. Stop, position foetus et motus. Une lumière dans un coin de la pièce, des gens qui vont et viennent près de moi, je regarde une pendule sur le mur d’en face, et entend périodiquement une vois qui me demande « vous vous appelez comment ? – vous avez quel âge ? », ceci à intervalles plus ou moins régulier. Sinon, des gens qui entrent et téléphonent, passent …. la sirène des pompiers, des bruits de portières qui claquent, des voix qui s’interpellent. Moi, je ne bouge pas.

A 8 heures à la pendule, branle bas de combat, des infirmiers viennent, attrapent mon lit (tiens il est roulant) et rebelote on voyage dans les couloirs. Virage à gauche, petite manoeuvre, et hop livraison effectuée. Là, on me pique d’un côté, on me tensionne de l’autre, on m’enfile un doigtier, me masque à l’oxygène, remonte bien le drap et on s’en va. Tiens, il y a la même pendule au mur en face de moi. Il est 9 heures.Il est 10 heures, il est 11 heures, passent des hommes en blouse blanche, qui s’arrêtent au pied du lit, me jettent des coups d’oeil en discutant à voix basse, me zieutent encore un coup, rediscutent, bon c’est pas fini ce cirque ? Ils repartent. Ça a duré toute la journée ! Chaque fois que je voulais demander quelque explication « c’est pour votre bien », « quel âge avez-vous ? », tout un tas d’âneries dites d’une voix de tête, criarde, impersonnelle, je ne suis quand même pas sourde ! Non, mais pas bien quand même.

Il est 21 heures à la pendule, cela 31 heures que je suis là, çà on m’a piquée, ils auraient mieux fait de mettre directement un robinet sur ma veine cela aurait été plus vite. Changement de tête, « Bonsoir Madâaame, vous vous appelez comment ? Quel âge avez-vous ? », je me demande si je ne suis pas tombée dans un asile de fous. Cela sonne continuellement dans les armoires situées de chaque côté de mon lit, j’ai des tuyaux dans tous les coins et me demande quelle drogue ils m’instillent, je plane sec. Toutes les heures le tensiomètre se gonfle tout seul, une infirmière passe, note, repart, et moi je suis les aiguilles de la pendule. Puisque c’est pour mon bien. Mais je ne sais toujours pas ce que je suis venue foutre dans cette galère !

9 heures, nouvelle tête, en plus je ne suis pas physionomiste, alors les reconnaître ! Du nouveau, on trimballe mon lit, moi dedans, mes tuyaux, des bouteilles, des poches, enfin tout le saint-frusquin, « c’est pour votre bien »… j’ai envie de … dire de vilaines choses quoi. Autre salle, là, je réalise, une salle d’op, bon je vais passer sur le billard une nouvelle fois, « comptez en décroissant de dix à…. rideau.

« Çà y est, elle revient », çà pour revenir je suis revenue, devant MA pendule, on s’agite autour de moi, je suis bridée dans le dos, sur la poitrine, aux bras, aux doigts, pire qu’une poularde de Bresse. On ne m’a toujours rien expliqué. Les heures tournent, c’est la nuit, j’ai froid dans les os, mais froid, ma peau est brûlante, je ne souffre pas, je claque des dents que je n’ai plus, il est 1 heure et j’entend des bruits, des éclats de voix, une chanson dans ma tête qui tourne en boucle, une histoire de radio bleue, 2 heures pas de changement, j’ai peur, j’hallucine, je vois mon enterrement, mes enfants qui pleurent, un vrai délire…..je me terrorise, c’est atroce. Il faut sortir de là, ne plus regarder ces fichues aiguilles, et voilà le bouquet final, l’air me manque, j’halète, je cherche de l’oxygène partout où il n’y en a pas, la crise, je me pend à la sonnette et décroche. « Madâame, madâame qu’est-ce qu’il y a ? », elle ne voit pas cette andouille que je pompe pire que les shadoks ? Je la vois brandir dans demi-obscurité une sorte de muselière avec des lanières partout qui souffle un vent à décorner tous les cocus de la terre, je ne suis quand même pas un chien, je gueule mais ne mord pas. De force elles me le plaque et je suis bien obligée de respirer, assez longtemps pour me redonner un peu de tonus. Là, j’ai tout arraché, je ne veux pas raconter ce que je leur ai dit ….elles m’ont remis le masque à oxygène. On ne m’a toujours rien expliqué.

Durant les jours qui ont suivi, j’ai gardé une phobie de cet appareil, qui avait été réglé correctement entre temps, j’étais prête à exiger mon transfert dans un autre établissement. Je leur ai expliqué qu’en fait depuis cinq jours j’étais privée de nicotine, qu’avec la dope qu’ils m’injectaient, j’avais eu une réaction violente, une vraie « descente », j’avais enfin compris ce que ressentaient les gamins drogués que je récupérais quand … ils avaient mal, parce que çà fait vraiment mal. Me croirez-vous, on ne m’a expliqué ce que l’on m’avait fait, ce que j’avais eu qu’au bout de sept jours …

Comment voulez-vous obtenir qu’un malade lutte contre sa maladie si on ne lui dit que « c’est pour votre bien  » ? Non, eux, c’est la science, le savoir, vous, vous n’êtes là que pour vous laisser faire, de préférence sans récriminer, pas mon genre tout çà ! Et ensuite entendre « le miraculé-du-malaise-vagal » clamer – MOURIR, C’EST PAS FACILE – !!***!!

Je me demande encore à quoi ils la « boostaient » leur pendule !

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