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LETTRE POUR REMI …

Posté par lapecnaude le 20 octobre 2011

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FUMELLE, MOI ? – NON, FUMEUSE ! …

Posté par lapecnaude le 18 juin 2010

cigarette.jpg    J’avais 16 ans quand le jeune médecin militaire, mon mentor du moment, m’a tendu une « troupe » allumée en me disant « vaut mieux que tu fumes, çà atténuera l’odeur »… Nous étions à l’entrée d’un gourbi, au fin fond de la montagne et le vieil homme qui nous avait hélés depuis le bord de la piste tremblait près de nous, de fatigue, de faim, de peur ? Il répétait comme une litanie « mâtrafch, mâtrafch », n’aies pas peur, n’aies pas peur. Il ne s’adressait pas à nous, mais à l’être qui était dans cette pièce, leur logement au sol de terre battue et aux murs de pierres sèches liées au mortier de terre, dans l’obscurité, c’était sa femme, sa vieille, sa « djouze ».

Il n’avait que sa femme, son âne et trois brebis, ses enfants étaient morts ou partis ailleurs où on trouvait à manger et à vivre mieux. On ne peux décrire pire dénuement, pire misère que ces deux vieux, là, seuls, vivant dans cet antre ou ne pénétrait qu’une chiche lumière, à proximité d’une autre pièce l’écurie . Au moyen-âge, en Europe, certains habitats étaient semblables, là nous étions au XX ème siècle. Autour, des cailloux, la terre rougeâtre, argileuse ne laissait pousser que de parcimonieuses herbes et épines, un petit arbre poussait dans la cour, juste pour donner un peu d’ombre quand il fallait cuire la galette sur le feu, trois ou quatre pierres assemblées en foyer et le soleil au dessus …. Le puits était à 4 kms, le vieux chargeait des « bidoun » sur l’âne et allait à l’eau tous les deux jours. Les bienfaits de la colonisation étaient partout.

Armés de torches, nous sommes entrés, clope au bec. Vrai, on en avait besoin.  Combien de générations avaient-elles vécu là-dedans, sur la terre battue, sur des matelas rapetassés avec des guenilles ? Nous avons fait ce que nous avons pu (tuberculose terminale m’a glissé le toubib), donné au chibani des comprimés de « rimifon » (le remède miracle de l’assistance médicale contre cette maladie endémique… un cataplasme sur une jambe de bois), chaque dose dans un petit bout de papier, « lever du soleil, coucher du soleil », pour quatre jours … çà va,  çà va, disait l’ancien, et après çà va? Et alors, j’ai vu le médecin rougir et soupirer profondément , se tourner vers le traducteur et répondre doucement « après …  après Dieu verra ! ». Lui-même n’était pas croyant, mais me dit-il, entre rien, le ciel et la terre que leur reste-t-il ?

Nous sommes sortis, et là il m’offert une nouvelle cigarette. Cette fumée là contenait tant de choses …

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DEJA EN 1896 …..

Posté par lapecnaude le 24 mai 2010

lallementvelocipede.jpg   La momie de la Butte-aux-Cailles … il n’y a qu’à Paris que l’on peut associer une momie et un volatile, dans ce vieux quartier de la grande ville fait de ruelles, d’escaliers, d’échoppes sur la rue et de troquets souvent mal famés. Claude Izner, autrement dit les soeurs Liliane Korb et Laurence Lefèvre, cinéastes et écrivains, nous emmènent dans un imbroglio policier dans le milieu des bouquinistes tout en nous faisant nous côtoyer des trimardeurs, des laveuses en bateau de Seine et des sans logis avec leurs héros, un japonais libraire nommé Kenji et ses  associés et parents Victor et Joseph. On se déplaçait en fiacre, à pied, et… en vélocipède.

Le récit vaut par les descriptions des lieux, pas tout à fait les bas-fonds de la ville, des petits métiers d’alors, que ce soit vraies ou fausses aristocrates, bourgeoises ou « femme qui marche », et des cercles littéraires tout autant qu’artistiques. La Butte appartenait aux rapins pas aux rupins, alors.

Je ne vous en citerai que l’épilogue, puisque l’intrigue, ma foi, ne m’a pas vraiment passionnée. C’est un peu catalogue de la Samaritaine, mais c’est l’année 1896, cette année là :

- En 1896, la population de la planète est, selon les statistiques, de 1 milliard 480 millions d’âmes. La compétition pour le partage du monde par les grandes puissances poursuit son cours.


Un aventurier anglais, le Dr Jameson, envahit le territoire des Boers. Il est battu et fait prisonnier, « Le Petit Journal » titre :
< < L'Empereur d'Allemagne, Guillaume II a envoyé une dépêche de congratulation à M. Kruger, le Président de l'Union sud-africaine (Transvaal) qui a rossé les soldats de sa grand-mère >>
En Angleterre, c’est l’indignation. Le bruit se répand d’un conflit imminent avec l’Allemagne.
Les Italiens, déjà installés en Erythrée et en Somalie, affrontent en Abyssinie les troupes du négus Ménélik II. Ils essuient une terrible défaite à Adoua.L’Anglais Lord Herbert Kitchener se bat contre le Mahdi (en arabe : « le bien dirigé »), qui est devenu le maître de tout le Soudan.Aux Antilles, les Cubains soutiennent depuis deux ans leur lutte d’indépendance contre les forces de l’Espagne.Le Japon signe un trait avec la Russie sur la Corée qui devient un condominium, c’est à dire la propriété de deux puissances.

En Turquie, de septembre 1895 à février 1896, le nombre de victimes arméniennes s’élève à 25 000.

Djibouti entre dans la famille des colonies françaises sous le nom de Côte française des Somalis.

Le Général Galièni est fait gouverneur de Madagascar.

On lit dans « L’Illustration » qu’un électricien américain, M. Rich, à proposé l’emploi d’une torpille aérienne pour bombarder les villes. En attendant, dans l’armée française, la vitesse du pas accéléré est ramenée dans l’infanterie de 127 à 120 par minute, sa longueur restant fixée à 27 centimètres.

< < Être curieux et ne s'intéresser à rien, voilà le reportage>>, écrit Ferdinand Brunetière, le directeur de « La Revue des Deux Mondes », honni par Verlaine. Le lecteur lamda se délecte des fait divers qui émaillent la presse. Tels que :

- L’espérance de vie moyenne des médecins en 1896 est de 56 ans et 7 mois.

- Les statistiques de la Préfecture de Police annoncent que Paris compte le plus grand nombre d’étrangers, soit 181 000. Ce chiffre « inquiétant », selon « Le Petit Journal », n’est qu’une estimation : < >.

- Si en Angleterre les ice-cream vendus en plein air arrivent à contenir 7 millions de microbes par centimètre cube, en France les limonades de marque n’atteignent que le score de 1 million de microbes par centimètre cube…..

- En France, on recense 38 228 969 habitants. A Paris, ils sont 2 511 955, en Algérie 4 393 698.

- Le 11 avril, le Sénat repousse un projet d’impôt sur le revenu proposé par M. Paul Doumer, ce qui réjouit les 2 500 000 rentiers, bien plus nombreux que les 52 500 travailleurs qui mèneront 465 grèves entre janvier et décembre.

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J.M. BLAS DE ROBLES – Là où les tigres sont chez eux

Posté par lapecnaude le 2 avril 2010

imagescawmalk1.jpg                   imagescazcqfin.jpg         imagesca35qelb.jpg       imagescael0q1z.jpg     tigre.jpg 

Dans cet ouvrage Blas de Robles a écrit trois romans en un seul et une biographie suivant un système d’alternance, historique, aventure, socio-politique, allant du XVII° au XXI°siècle. Il nous conte sur un air de samba, un fond de cocaïne, de fumée d’herbe, de rythmes de macumba, dans une luxuriance de foret vierge amazonienne une histoire d’amour, une histoire d’aventure, une peinture de la décadence sociale d’un pays, le Brésil et Kircher.

Eléazard, son fil conducteur, est journaliste et écrivain, dans cette vieille ville d’Alcantara, peu de blancs et beaucoup de « natives », métis de tous les continents. Ses rencontres avec une femme venue d’Italie, belle et mystérieuse, arrivée là comment ? Elle ne le sait sait pas, elle fuit quelque chose, quelqu’un ou elle-même, qui saura jamais ? Son désir d’amour de Loredana, son espoir font la trame de cette histoire d’amour.

A part quelques articles sans grand intérêt qu’il adresse épisodiquement à son journal, il lui a été confié la charge d’écrire la biographie d’un jésuite du XVII° siècle, Anathase Kircher, savant pluridisciplinaire qui écrivit 39 livres sur des sujets divers dont plusieurs encyclopédiques. Cet érudit voyageait dans des contrées lointaines pour y étudier les habitants et leurs milieux. Kircher, outre ses récits de voyages dans des pays en cours d’évangélisation (il faisait partie de la compagnie de Jésus), abordait des « études » telles que la musique, l’acoustique (il inventa le cornet), la physique, l’optique (il se servait couramment d’un microscope rudimentaire de son invention), l’archéologie, la chimie (il expérimentait souvent sur lui-même les remèdes envoyés par ses frères missionnaires), la vulcanologie, l’astronomie (avec une préférence pour les planètes-soeurs de la terre, il avait d’ailleurs réalisé que l’univers n’était pas plat et risquait par là même sa vie, on était encore à la période de l’inquisition), les mathématiques, les sciences… Il abordait également des domaines plus ésotériques , tels que l’occultisme, l’éthique, la Kabbale.

Plus concret, en médecine, lors d’une épidémie de Peste à Rome, il crut identifier le vibrion de la peste (une espèce de vermicule dit-il) à l’aide de son microscope et parla le premier de prophylaxie en ordonnant les quarantaines, le brûlage des effets des morts, le port d’un masque anti-miasmes (l’époque n’était pas à la désinfection corporelle, on se lavait peu ou pas et cela a duré des siècles). C’était quand même un précurseur.

Esprit inventeur donc, polyglotte , ce prêtre de la Compagnie de Jésus ne voyait cependant ses travaux qu’au travers des idées de la scolastique traditionnelle (Dieu à créé, Dieu fait tout, tout dépend de Dieu).

Esprit encyclopédique, il crut avoir déchiffré les hiéroglyphes égyptiens, créant une fontaine avec Le Bernin (sculpteur) ornée d’un obélisque pour complaire au pape. Il connaissait l’écriture grecque, le copte, l’abyssin (?), le chinois (un peu), mais s’était complètement trompé sur l’égyptien, ce qui n’avait aucune importance à cette époque puisque celle-ci ne fut traduite de plusieurs siècles plus tard (Rosette). Néanmoins, il écrivit à l’usage de ses frères missionnaires un dictionnaire de latin-chinois, un récit de voyage en Chine (1660) et un projet de langage universel ancètre de l’espéranto.

A chaque chapitre de la découverte d’Athanase, au rythme de la traduction et de l’interprétation d’Eléazar, suit un morceau de sa propre vie, avec Loredana, l’inconnue du seul hôtel de la ville, le patron-cuisinier et sa compagne, Soledade, sa gouvernante trouvée dans la maison avec les meubles, chacun avec ses peurs, ses rêves et la samba, la macumba et ogum-fer et le rhum, le rhum, le rhum..

Ex-épouse Elaine, partie en expédition à la recherche de fossiles sur le fleuve Paraguay, aux prises avec des trafiquants de cocaïne, prisonnière des indiens guaranis, qui assiste au bout d’une longue marche-calvaire dans la jungle au suicide rituel de toute la tribu et de ses deux derniers compagnons.

De sa fille, Moéma, jeune paumée, camée, bisexuelle qui part en dérive avec des compagnons d’infortune.

De la décadence des élites brésiliens en période d’élection, face à une population démunie de tout, survivant à peine.

Il y aura des morts, des fuites, des incertitudes, du rêve…… mais y a-t-il des tigres au Brésil ?

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